Mots d’hosto

 

  • Un regard, un bijou, une mèche de cheveux, un parfum, une voix: mes repères.
  • À l’hôpital, le bruit est une plaie. Tôt matin, des voix, des pas qui claquent, un vrai brouhaha.
  • Ici, le calme…
  • Étrange, j’ai soudain gagné en sérénité.
  • Bataille : la volonté et le moral contre les effets indésirables.
  • Il faut accepter, jouer le jeu à fond. C’est comme quand tu chutes, si tu te laisses tomber, tu peux parer, si tu résistes, tu te blesses.
  • 10 avril 2014, ma parenthèse attendue…

 

Un tableau précieux

 

Ce tableau était affiché dans ma chambre, les infirmières l’ont rempli durant quatre journées… cruciales.

 

                                    25 avril       26 avril      27 avril       28 avril

Globules blancs          840             1300           1640           2040

 

Globules rouges         83               85               84               83

Plaquettes                  119             161             173             177

Neutrophiles              -                  450             -                 1000

                                                                                            SORTIE

                                                                                            D’APLASIE

 

Quelques mots en marge d’un livret de poche de mots croisés, à la sortie de la Grande Fatigue (à partir du jeudi 1er mai)

 

DEHORS !!! me dirent-ils.

POSITIVER un jour après l’autre

Ne plus compter, espérer, savoir attendre.

Arc-en-ciel

Tantôt pluie

Tantôt soleil.

Infirmières sans masque dans la chambre.

Plus de deux heures dans les couloirs… Waouh !

Visite familiale hors chambre + sac sas.

La règle : LA FORME !

Et je vais les regretter… malgré l’empressement à partir !

Vider l’abcès !

Se défouler sur le papier…

De six mètres en six mètres…

Pleurer… de rage : c’est fait !

Insomnie Force 10.

S’occuper l’esprit… facile à dire mais…

Regain de forces : la fatigue se disperse… INCROYABLE !

Partir, déjà ?...

Pépère de moins en moins tranquille…

Dernier(s) jour(s) : je déteste la marque du pluriel !

Nerveux ? Non, épidermique.

Autodérision, quand tu me tiens…

Costaud, force 2… pour un anémié !

Demain, dernière douche aussi ?

Piqûre dans le ventre ?

Indolore.

Froidure…

PARTIR S’EN ALLER DECAMPER SUIVRE SON IDEE FUIR

Le jeu n’est pas en ma faveur…

MARRE !

OUBLI ! Déprime… Noirceur !

L’espoir s’envole… Beurk !

La tête fonctionne à 100 %... Bien.

Sourire retrouvé !

Détenu !

Surveillance voie avant départ donc OK !

Notion de flux.

310 out demain.

Adieu 6-mètres !!!

Retour en ambulance ?

Costaud, le Gillou ! (cf. personnel MBE4).

Dernier souvenir : des cannellonis infâmes.

Coups de fil en fête !

HEUREUX ET FIER DE MOI !

Même la TV paraît intéressante…

Apaisé !

Je fais le même poids qu’à 20 ans…

Et la plaie mal placée est soignée et cicatrisée !!! (1 an et 3 mois…)

Je baigne dans le bonheur…

Sommeil, où es-tu ?

Cachet ou pas cachet ce soir ? Mal barré !

J’attends… le sommeil !

Période de profond mutisme terminée ! Ouf !

Bientôt, très bientôt !...

 

Quelques idées jetées sur une page du carnet pour mieux supporter les derniers jours

 

POSITIVER ces quelques dernières heures :

  • Apprécier les personnes.
  • Se plier volontiers aux règles et horaires.
  • Ne pas « glander » pour ne pas gamberger.
  • Imaginer en détail la vie « d’après ».
  • Déstresser (exercice, marche, vélo ?).
  • S’occuper l’esprit.
  • Faire confiance au toubib.
  • Se remettre en forme (sieste).
  • Se dire que le temps passe, de toute manière. Vite ou lentement, il passe.